L’île des oubliés – Victoria Hislop

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Attention, gros coup de cœur ! Même si la trame narrative de L’île des oubliés n’a rien d’exceptionnel pour quelqu’un qui lit beaucoup, je me suis vraiment laissée embarquer par cette histoire ! Je m’explique.

Alexis, une jeune Anglaise d’origine crétoise d’une vingtaine d’années, est pleine de doutes et de questions par rapport à sa vie. Son histoire d’amour avec Ed, entamée il y a cinq ans, peine à trouver un nouveau souffle et se délite peu à peu. Quant au mystère qui enveloppe le passé de sa mère, il se fait chaque jour plus pesant et empêche Alexis de se construire… En effet, pourquoi Sophia n’a-t-elle jamais évoqué son histoire familiale ? Et pourquoi, âgée de 18 ans, a-t-elle quitté sa terre natale, la Crète, pour ne plus jamais y revenir ? C’est ce qu’Alexis va tenter de découvrir en se rendant elle-même en Crète, sur les traces de ses origines.

Comme je l’ai dit plus haut, cette saga familiale est écrite de manière assez classique, et tous les ingrédients du best-seller sont présents : l’intrigue est simple et il n’y a finalement pas beaucoup de suspense, les personnages sont soit formidables et attachants, soit complètement odieux, il y une bonne dose de romance et évidemment des amours contrariées, et la fatalité du destin (maladie, guerre, trahison…) guette les personnages à chaque page. Rien de neuf sous le soleil quoi.

MAIS. Mais mais mais. Le contexte dans lequel cette histoire se déroule m’a passionnée ! Dans L’île des oubliés, finalement, le personnage central c’est l’île de Spinalonga, où, de 1904 à 1957, tous les lépreux de Crète (et certains de Grèce) étaient envoyés afin d’éviter toute contamination. Car oui, la léproserie de Spinalonga a bel et bien existé ! Si l’histoire débute en 2001 avec le personnage d’Alexis, très vite l’auteure nous propulse à la fin des années 1930, aux côtés d’Eleni Petrakis, l’arrière grand-mère de la jeune femme, au moment où celle-ci découvre qu’elle est atteinte de la lèpre et qu’elle doit quitter son mari et ses deux filles pour aller vivre sur Spinalonga.

Spinalonga

Dans la vraie vie, sur cette île, les lépreux vivaient dans des conditions matérielles déplorables, la terre était aride, l’eau provenait de citernes saumâtres, et les soins médicaux étaient plus que sommaires. Une prison à vie, où l’on attendait la mort, voilà ce qu’était l’îlot.

Au sein de cette communauté déchirée par les conflits, une poignée d’hommes a fait beaucoup pour l’amélioration sanitaire et surtout sociale de l’île, et pour que les déportés prennent eux-mêmes leur sort en mains. Une vie de village s’est peu à peu dessinée, autour des quelques cafés. Les solitaires et ceux dont l’état s’aggravait ont été pris en charge. Les rares enfants apprenaient à lire et à écrire. Et c’est plutôt cette facette de Spinalonga que Victoria Hislop a choisi de développer dans son roman. Mêlant fiction et réalité, elle parle de l’organisation de la vie sur l’île, et du fait que cette dernière semblait vivre presque normalement, en dépit du fléau qui la touchait et de son isolement.

Dans L’île des oubliés, j’ai donc suivi avec passion les destins d’Eleni (l’arrière grand-mère d’Alexis) et de ses deux filles, aux caractères diamétralement opposés : Maria (la gentille) et Anna (la vilaine). A travers l’histoire de ces trois femmes, c’est vingt ans de l’histoire de la Crète que j’ai découvert, mais aussi le combat et la victoire des chercheurs contre une maladie vieille de plusieurs milliers d’années. Cette sage familiale n’a certes rien de révolutionnaire, mais on a vraiment envie de savoir quelles décisions les personnages vont prendre, et comment ils vont réagir face à telle ou telle situation…

Je pense que l’écriture agréable et très fluide  du roman m’a également permis de l’apprécier autant. Par ailleurs, j’ai aimé me retrouver immergée dans la culture crétoise et dans des décors très bien décrits et complètement dépaysants, gorgés de soleil, et si éloignés de ma chère petite Bretagne ! Quand on n’a pas l’occasion de partir en vacances pour cause de gros bidon de femme enceinte, c’est assez sympa.

Dans l’ensemble, c’est un roman plutôt triste car Victoria Hislop n’a pas hésité à en faire des tonnes en matière de fatalité et de coups du sort, mais même si on se doute un peu de ce qui va se passer, l’auteure sait nous tenir en haleine jusqu’à la fin !

Si vous cherchez un petit pavé (500 pages en poche) à lire cet été et à vous instruire sur une culture et un pan de l’Histoire méconnus, je vous le conseille !

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