Deux semaines, deux polars

Je me rends compte que depuis que j’ai ouvert ce blog en août dernier, pas une fois je n’ai consacré un article entier à l’un de mes genres favoris, la littérature policière.

Lorsque j’ai recommencé à lire assidûment en 2007-2008, j’achetais des tonnes de polars : je ne lisais quasiment que ça. Je crois que j’avais remis le pied à l’étrier avec La nuit du renard de Mary Higgins Clark (de très loin son meilleur roman ; si vous ne devez en lire qu’un seul de cette auteure, c’est sans conteste celui-là !). C’est également l’époque où j’ai commencé à lire des thrillers, et notamment ceux de Mo Hayder, totalement glaçants, pervers, dérangeants… Des bouquins qu’on ne peut plus lâcher, malgré les atrocités qui y sont décrites…

Si aujourd’hui je lis un peu moins de romans policiers, ce n’est pas par manque d’intérêt ! C’est juste qu’au fil du temps j’ai découvert d’autres styles qui me plaisent également beaucoup (litté jeunesse, fantastique, etc.) et que j’essaie de panacher mes lectures.

Aujourd’hui je voudrais vous présenter deux romans policiers que j’ai lus à la suite. Plus exactement, un roman policier et un thriller. Si les histoires de ces deux romans se déroulent à des siècles différents, ils s’inscrivent néanmoins tous les deux dans une trame religieuse caractéristique de chaque époque décrite. J’ai visiblement une appétence prononcée pour le roman policier religieux, moi qui, dans la vie de tous les jours, ai tant de mal à appréhender la thématique ô combien complexe de la religion.

Allez, je vous emmène d’abord au VIIe siècle dans les royaumes saxons, puis au XVIe siècle à Milan en pleine Renaissance italienne !

 

  • Absolution par le meurtre – Peter Treymane

absolution

« En l’an de grâce 664, tandis que les membres du haut clergé débattent en l’abbaye de Streoneshalh des mérites opposés des Églises romaine et celtique, les esprits s’échauffent. C’est dans ce climat menaçant qu’une abbesse irlandaise est retrouvée assassinée. Amie de la victime, sœur Fidelma de Kildare va mettre tout sur talent et son obstination à débusquer le coupable. Jeune femme libre et volontaire, Fidelma n’est pas une religieuse tout à fait comme les autres… Avocate irlandaise célèbre dans tous les royaumes saxons, elle sillonne l’Europe pour résoudre les énigmes les plus obscures en compagnie du moine Eadulf. Dans cette première enquête, leur collaboration sera mise à rude épreuve tandis que les meurtres se multiplient à l’abbaye. »

Absolution par le meurtre est sorti en France en 2004 dans la collection « Grands Détectives » des éditions 10-18, soit dix ans après sa première publication en Angleterre. Il est le premier tome des enquêtes de sœur Fidelma, et est suivi de vingt-trois autres tomes à ce jour (vingt-trois traduits en français en tout cas) !

En réalité, j’ai découvert sœur Fidelma avec le troisième tome, Les cinq royaumes, il y a quelques années, et j’avais immédiatement accroché. De façon générale, j’éprouve assez vite de l’intérêt pour les romans qui se déroulent en Bretagne/Angleterre/Irlande/Ecosse. Bref, tout ce qui est en rapport avec la culture des pays celtes, finalement. Par exemple, j’ai dévoré le premier tome d’Outlander, moi qui rechigne à lire des gros pavés.

Mais je m’égare, revenons à sœur Fidelma ! Je dois avouer que j’ai dû m’accrocher au début de ce premier tome : beaucoup de termes religieux dont j’ai dû chercher les définitions (l’histoire se passe quand-même pendant le Haut Moyen-Âge…) et surtout un très grand nombre de personnages (j’ai immédiatement pensé à la série Game of Thrones, qui m’a vite saoulée à cause des 800 membres de ses 400 familles qui se déchirent… Quoi j’exagère ?…).

Passé cela, l’histoire coule toute seule. Certes la trame policière est très classique, mais elle est efficace, à l’image d’un roman d’Agatha Christie. Pas de surenchère de violence, une enquête menée méthodiquement, divers suspects passés au crible ; bref, un très bon roman que j’ai lu très vite tant il m’a captivée. J’apprécie beaucoup la personnalité de sœur Fidelma, un peu rigide mais aux idées féministes très avant-gardistes pour l’époque. En gros, la meuf ne se laisse pas démonter. J’ai bien aimé le fait qu’elle doive s’associer au moine Eadulf pour mener son enquête, moine qui, c’est un comble, prêche pour l’Eglise romaine !

Et évidemment, en filigrane, on retrouve le contexte historique de l’époque, guidé par la religion. Sœur Fidelma est irlandaise, religieuse de l’Eglise celte qui à l’époque était indépendante de Rome. La présente histoire prend place dans l’un des royaumes saxons (dont l’unification conduira à la création de l’actuelle Angleterre), la Northumbrie, où un concile est organisé : à l’issue des débats, le roi de Northumbrie devra décider si le royaume adoptera la liturgie celte ou la liturgie romaine. Mais les meurtres qui s’enchaînent à l’abbaye retardent les échanges, et une véritable guerre entre les partisans de chaque église menace d’éclater…

Bref, je dois dire qu’en plus du suspense de l’enquête, j’ai appris beaucoup de choses sur les royaumes saxons, sur l’Eglise celte (qui accepte les monastères mixtes et le mariage des prêtres et religieux), sur l’Eglise romaine, et sur les ambitions politiques de l’époque dans ces régions. J’ai trouvé ça passionnant, et surtout accessible !

 

  • Michelangelo et le banquet des damnés – Didier Convart

michel

« Milan, 1508. Un matin d’avril, la tête d’un architecte récemment installé en ville est retrouvée dans le baptistère de Saint-Ambroise.
Chargé d’enquêter sur cette affaire, le prévôt Vittore, pourtant connu dans toute l’Italie pour sa brillante intelligence, est bien en peine d’en démêler les fils. Ce célibataire endurci est-il à ce point troublé par la ravissante veuve de la victime, qui en sait sans doute plus qu’elle n’en dit ?
Rien dans ce meurtre n’est ordinaire. Ni l’attitude de l’évêque de Milan, qui semble redouter le pire des cataclysmes, ni l’arrivée subite du célèbre Michelangelo, qui a dû pour cela abandonner la fresque qu’il est en train de peindre à Rome, dans la chapelle de Sixte. Mais le plus troublant demeure ce plat d’argent où reposait la tête tranchée, et sur lequel sont grossièrement gravés ces trois mots : VENIT IUSTITIAE SOL – Le Soleil de Justice a brillé. »

Autant vous dire qu’ici on passe un cran au-dessus. L’histoire est bien plus complexe, et surtout beaucoup plus glauque. Le vocabulaire est précis et recherché, et se veut en adéquation avec l’époque (j’ai dû chercher plein de mots, et merci pour les paragraphes entiers en latin…). A vrai dire, j’ai mis un peu de temps à rentrer dans ce bouquin.

Pourtant, même si j’ai moins accroché que pour Absolution par le meurtre, ce roman est plutôt divertissant. Là encore j’ai appris plein de choses : Didier Convart nous donne du Hérode, du Jean le Baptiste, du Baphomet des Templiers, du Michelangelo à la botte de Jules César (je vous laisse chercher toutes ces références par vous-même ! :-P)…

Mixer tout ça pour en faire un thriller fantastique à peu près crédible était vraiment osé ! Car oui, il y a également un côté fantastique dans ce roman. Mais je pense que l’auteur a réussi son pari, sans aller dans la surenchère. Certains trouveront peut-être l’histoire un peu tirée par les cheveux, moi je l’ai trouvée très imaginative. Je crois que je suis fascinée par toutes ces croyances, ces forces occultes (car il en est question dans ce livre), et ce dévouement inconditionnel à Dieu, cet être invisible qui n’est qu’amour mais pour lequel les gens s’entre-tu(ai)ent… Hum.

J’ai également apprécié la personnalité du prévôt Vittore, ce vieux bougon qui se déride au fil du roman. Sachez que si vous voulez suivre ses enquêtes, vous pouvez commencer par Vinci et l’ange brisé, sa première aventure (que je n’ai pas lue).

 

En conclusion, je dirais que j’apprends beaucoup de choses sur la religion à travers ces romans, et que vu ma culture sur le sujet, ce n’est pas un luxe ! Lire des romans est une manière tellement chouette de s’instruire et d’enrichir ses connaissances !

Et vous, lisez-vous des romans de ce genre ? Avez-vous des titres de polars ou thrillers que vous jugez incontournables à me conseiller ?

 

Publicités

4 réflexions sur “Deux semaines, deux polars

  1. Anna dit :

    « J’ai visiblement une appétence prononcée… » Tu as tué mon cerveau, j’ai plus l’habitude d’un langage aussi soutenu xD Je suis pas fan des livres dont l’histoire se déroule loin dans le passé à la base mais tu as attisé ma curiosité surtout pour le premier 🙂 Après je reste quand même bien figée dans les contemporains pour les polars donc à voir si je me lance 😉

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s