Pietra viva – Léonor De Récondo

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Pietra viva. Un livre « magique », « magnifique » et « lumineux », d’après France Info.

Ça tombe bien, car je pense que c’est exactement ce dont nous avons besoin en ce moment…

Le récit nous emmène au début du 16e siècle, dans l’intimité du sculpteur/peintre/architecte/poète Michel-Ange, alors âgé de 30 ans.

En ce printemps 1505, l’homme quitte Rome, bouleversé. Il vient de découvrir le corps sans vie d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Afin de fuir cette tragédie et de tenter de soulager sa peine, il rentre alors chez lui, à Carrare, afin d’y sélectionner les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, l’artiste bourru et torturé va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, et organisant leur transport.

Son rapport à la pierre et à l’art va alors évoluer à la rencontre d’un enfant qui l’idolâtre, d’un fou, et de la famille du chef de la carrière. Et peu à peu, des souvenirs qu’il avait profondément enfouis vont resurgir…

J’ai lu ce roman en deux petites heures. Bon, déjà parce qu’il est assez court : 182 pages en format poche. Mais aussi et surtout parce qu’il est vraiment très agréable à lire, et qu’effectivement, comme nous le promet France Info, c’est un récit très lumineux.

Moi qui aime l’art en général (et le dessin en particulier) et qui m’intéresse beaucoup au processus de création, j’ai trouvé vraiment sublime la manière dont Léonor De Récondo décrit la gestation d’une œuvre d’art, et la manière dont l’artiste vit ce cheminement vers la réalisation finale : le choix des meilleurs matériaux, les remises en question, la notion de beauté, l’aboutissement personnel… Il est essentiellement question de cela dans ce livre, et pourtant je n’ai trouvé à aucun moment que c’était répétitif. L’intrigue est mince, mais on ne s’ennuie jamais, car chaque scène paraît sublimée par les mots de Léonor De Récondo.

De plus, il faut bien avouer que Michel-Ange est un personnage hors-du-commun. Par certains côtés, il m’a un peu fait penser à Gregory House : méprisant, torturé, incompris, entièrement dévoué à son art, et repoussant les marques d’affection. Pourtant, petit à petit, ses réflexions et les événements vont le pousser à s’ouvrir, et à se remémorer le souvenir de sa mère morte trop tôt.

J’ai par ailleurs trouvé très chouette et original le fait d’intégrer un (gentil) fou à l’histoire : un gars qui se prend pour un cheval (!) et qui plaide donc la cause des animaux, mais que Michel-Ange estime être le seul à le comprendre vraiment. Un personnage en tout cas très attachant, comme le petit Michele, l’enfant qui va se prendre d’affection pour l’artiste.

Pietra viva est un livre facile à lire, extrêmement bien écrit, et tous les gens qui s’intéressent un tant soit peu à l’art devraient beaucoup l’apprécier. Et que dire de la fin, que j’ai trouvé superbe…

Bref, ne passez pas à côté de cette petite pépite !

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4 réflexions sur “Pietra viva – Léonor De Récondo

  1. Goar dit :

    Excellente analyse!C’est en effet un très beau texte. À découvrir « Amours » du même auteur, autre histoire mais même puissance évocatrice…
    Celui-là non plus on n’a pas envie de le terminer !

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  2. Goar dit :

    Excellente analyse ! C’est en effet un très beau texte. À découvrir du même auteur « Amours », autre recit d’une puissance narrative étonnante.
    Encore un livre qu’on n’a pas envie de finir…

    J'aime

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