Ravage – René Barjavel

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« Un livre que vous ne pourrez pas refermer avant la dernière page »

« Ce livre vous hantera longtemps… »

On aperçoit de temps à autre ce genre de commentaires élogieux sur la 4e de couverture de certains livres, une sorte de promesse de récits haletants et irrémédiablement marquants.

Eh bien c’est exactement mon sentiment depuis que je me suis plongée dans la lecture de Ravage de René Barjavel !

Ecrit en 1943, ce roman de science-fiction nous laisse entrevoir comment, peu à peu, l’électricité et les machines ont fini par régir la vie de la population (ici à Paris), à l’aube de la deuxième moitié du XXIe siècle. Comment les gens sont devenus dépendants de tout ce que la fée électricité et les machines peuvent exécuter à leur place, d’autant plus à une époque où l’agriculture n’existe pratiquement plus. Désormais, tout pousse en usine : fruits, légumes, substituts de viande…

En 2052, l’humanité, qui n’a même plus peur de la mort, s’est déjà trop éloignée de la nature et des choses simples. De plus, les températures très élevées, une sorte de canicule permanente, laissent à penser que l’homme a un peu trop manifesté sa présence sur Terre, et que le réchauffement climatique est arrivé à son comble. Mais qui s’en soucie, étant donné que les climatiseurs fonctionnent continuellement…

Mais un soir, l’électricité, sur laquelle tout le monde s’est reposé, n’est plus… Tout s’arrête, Paris est brusquement plongée dans le chaos, et même les avions tombent du ciel… S’ensuit une panique effroyable, la fin d’une civilisation, et une descente inéluctable vers l’enfer… Car quand la nature reprend ses droits, elle fait les choses en grand.

Cette histoire est absolument cauchemardesque, mais je l’ai dévorée… Le récit est percutant, et dépeint une humanité qui, pour survivre, devient franchement inhumaine. A certains moments, j’ai eu l’impression de voir des scènes de The Walking Dead (les zombies en moins) : à quoi est prêt un homme pour sauver sa peau ? A tout. Car dans cet univers post-apocalyptique, c’est la loi du plus fort qui règne, et François, jeune étudiant, l’a bien compris. Il doit sauver Blanche, son « amie-amour », et les quelques personnes qui fuient Paris avec eux, pour rallier le sud de la France, où l’agriculture est encore pratiquée.

J’ai trouvé incroyable que ce roman ait été écrit en 1943 (en pleine seconde guerre mondiale, rappelons-le ; est-ce vraiment étonnant que ce bouquin soit si sombre ? Je n’crois pas…). Que René Barjavel ait pu établir un tel constat visionnaire sur les progrès techniques, médicaux (certains passages sont bien flippants !) et sur le réchauffement climatique, ça m’a bluffée. Bon, on peut quand-même chipoter en arguant qu’il n’est pas question d’Internet dans ce livre (en 1943, forcément !), et que pas d’Internet en 2052, ce serait assez invraisemblable. Et la manière qu’ont les personnages de s’adresser les uns aux autres fait un peu vieille France. Mais sinon, je dis chapeau ! Ce livre rend bien compte des dérives qui nous pendent de plus en plus au nez.

Petit bémol, où l’on se rend compte qu’effectivement, Ravage a été écrit dans les années 1940 : l’image de la femme, en particulier dans le dernier chapitre, m’a interpellée. Je ne vais pas faire ma « chienne de garde », mais il y a quand-même quelques vilains clichés, et la fin du récit m’a un peu choquée (et du coup je suis sûre que vous avez envie de savoir pourquoi j’écris ça ! :D) Allez, ce n’est qu’une fiction !

Bref, lisez-le, il vaut le coup et fait réfléchir !

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5 réflexions sur “Ravage – René Barjavel

  1. Béné dit :

    🙂 Je viens de faire le tour du blog, c’est super chouette: c’es beau, c’est clair et ça donne envie… de LIRE!!!

    A commencer peut être par René Barjavel d’ailleurs,

    Je viendrais fureter par là de temps en temps,

    Biz

    Aimé par 1 personne

  2. Marina Le Lann dit :

    J’ai pensé TOUT PAREIL !!! Et la fin, c’est juste une blague, à tel point que je me suis dit que si je l’étudiais en classe, je virerais la fin (paye ta censure^^). Du même auteur, je préfère La Nuit des temps, un chef-d’œuvre, vraiment. Ravage à côté c’est une grosse tranche de rigolade.

    Aimé par 1 personne

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