Les Magiciens – Lev Grossman

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Je dois bien avouer que je ressors très mitigée de la lecture des Magiciens, vendu par le New York Times comme un « Harry Potter pour adultes ». J’ai d’ailleurs mis quasiment trois semaines à le lire, et j’ai failli le lâcher à plusieurs reprises. Mais impossible, il fallait que je connaisse la fin.

Le héros du roman, Quentin, est un lycéen déprimé de Brooklyn qui s’apprête à rentrer à l’université. Faire-valoir de son ami James, et éperdument amoureux de Julia (qui évidemment n’a d’yeux que pour James), il arrive à trouver du réconfort dans la (re)lecture des Chroniques de Fillory, une série de romans qui a bercé sa jeunesse (bon, Fillory, cherchez pas plus loin, c’est très clairement le monde de Narnia).

Le jour de son entretien avec un recruteur de fac, les choses ne se déroulent pas exactement comme prévu, et de fil en aiguille, Quentin se retrouve à passer des tests dans une mystérieuse école : Brakebills. Quentin réussit ces tests tous plus étranges les uns que les autres, et est finalement admis à Brakebills, découvrant ainsi que la magie existe. Il y voit alors l’opportunité de donner du relief à sa vie, et d’être enfin heureux. Mais… est-ce vraiment si simple ?…

Alors, dans l’expression « Harry Potter pour adultes » du New York Times, j’ai surtout retenu le « pour adultes ». On parle effectivement d’un jeune homme qui se découvre des dons pour la magie et qui est recruté dans une école très spéciale, mais la ressemblance s’arrête là. L’histoire, l’ambiance, les enjeux ; tout prend une autre dimension dans Les Magiciens. En vérité, le ton est même assez désenchanté : les étudiants de Brakebills boivent, assouvissent leurs fantasmes sexuels, glandent, et se demandent avec angoisse ce qu’ils vont bien pouvoir faire de tout cet apprentissage magique une fois qu’ils auront fini leurs études…

En fait, je crois que le fait d’avoir transposé ce monde magique dans un monde réel (mal-être des jeunes, excès en tout genre, peur de l’avenir, etc.) m’a un peu troublée. La magie, c’est dur, c’est chiant, et le parcours du combattant ne fait que commencer : en gros, même avec des super-pouvoirs, la vie est pourrie. Pas très encourageant quoi. Du coup, j’ai eu du mal à m’attacher à ces personnages amers. J’ai également trouvé le rythme du bouquin assez inégal : 500 pages pour couvrir une période de 5-6 ans, ça donne l’impression que l’auteur a un peu « bâclé » certaines parties pour arriver plus vite aux moments-clés. La description des personnages est à mon goût trop superficielle, et on n’apprend quasiment rien des trois premières années de Quentin à Brakebills.

Mais alors, ce qui m’a rendue chèvre, c’est la qualité de l’écriture. Je ne sais pas si c’est du fait de l’auteur ou du traducteur, mais franchement, j’ai trouvé la plupart des tournures de phrases lourdes au possible (les gars en ont fait des caisses quoi !), une utilisation d’adjectifs qualificatifs inadaptée à ce qu’ils sont censés décrire, et un vocabulaire parfois un peu trop recherché. Je pense qu’en 500 pages, j’ai relevé une cinquantaine de mots que je n’avais jamais vus de ma vie. Bon, ma mère dirait que je manque terriblement de vocabulaire, alors…

Mais rassurez-vous, j’ai quand même trouvé des trucs chouettes dans Les Magiciens ! Certains passages m’ont même complètement emportée ! Par exemple, la quatrième année à Brakebills est entourée de secrets : les étudiants disparaissent pendant un temps, et certains ne reviennent pas. J’ai absolument adoré découvrir ce qu’il leur arrive, et vivre avec Quentin et ses amis ce passage si délicat de leur scolarité !

Quant à l’intrigue principale du livre, qui mêle le destin de Quentin à celui de Fillory, je l’ai trouvé captivante et bien ficelée… Si vous lisez Les Magiciens, je ne vais pas vous gâcher la surprise, mais la manière dont l’auteur a réussi à incorporer une histoire dans une autre histoire est vraiment sympa. Et il fallait absolument que je sache comment ça allait se finir. Mais (il y a toujours un « mais » !) j’ai été un peu déçue de la fin, sans doute parce que j’attendais un « happy end ». Je suis peut-être un peu trop idéaliste ha ha !

Bref, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi trash et réaliste dans la description des relations humaines, et je pense que l’auteur s’est un peu foiré en tenant à tout raconter dans un seul livre (ça méritait au moins trois tomes !). Pour autant, j’ai trouvé qu’au niveau scénar, il y avait de l’idée. Un tome 2 et un tome 3 racontent la suite des aventures de Quentin, mais vu mon avis mitigé sur ce premier volet, je pense que je vais passer mon chemin (en plus, j’ai à peu près mille trucs à lire !!).

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5 réflexions sur “Les Magiciens – Lev Grossman

  1. Marina Le Lann dit :

    Marrant ça, moi j’ai aimé que ce soit des jeunes désabusés et pas des marmots à qui tout réussi parce que ce sont les héros. Et je l’ai lu hyper vite, et j’ai hâte de lire la suite … hum, je te dirai ce que ça donne, quand j’aurai eu le temps de diminuer ma monstrueuse PAL. (J’ajoute que je n’ai pas lu Narnia, ce que j’en ai vu m’a dégoûtée …).

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    • Marie dit :

      Je dois avouer que je n’étais pas non plus dans de super bonnes dispositions pour le lire, j’étais tellement obnubilée par mon rapport de stage… Mais ça y est, c’est finiiiiii !!! 😀

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